Depuis le début des années 2000, deux lois sont intervenues
pour favoriser
l’entrepreneuriat, reprenant d’ailleurs en les poursuivant les grands
principes
imaginés et inscrits dans la loi du 11 février 1994 sur l’initiative
individuelle.
Cette loi avait clairement posé le principe que la forme la plus naturelle
et la plus
simple de l’entrepreneuriat était la déclaration d’activité
indépendante.
Elle avait pour la première fois posé le principe que la forme
sociétale n’a pas
toutes les vertus et que si la France a une sorte de culte de la personne morale,
l’Entreprise Individuelle mérite aussi la meilleure des attentions
car elle
correspond à une logique d’ailleurs retenue aujourd’hui par
près de 50 % de celles
et ceux qui créent en France, et 80 à 90 % de celles et ceux qui
créent ailleurs
dans le monde.
Pour l’autre moitié des Français entrepreneurs, le choix
de la forme sociétale est
le plus souvent dictée par la fiscalité, le droit social, les
questions de
responsabilité et relativement peu par la dimension économique
de l’entreprise
ou de l’activité créée. Une sorte de double liaison,
économiquement peu cohérente
entre « personne morale-société » et « société-fiscalité
préférentielle » s’est nouée
au fil du temps. On peut d’ailleurs être interpellé par la
progression de 25 % des
professions libérales qui exercent sous forme sociétale en 2005,
au seul motif de l’intérêt de ces indépendants pour
un type d’exercice qui limiterait leur
responsabilité personnelle.
C’est d’autant plus regrettable qu’au nom de cette idée,
les juristes ont rivalisé
d’ingéniosité pour créer des formes sociétales
désormais même individuelles.
En inventant la Société par Actions Simplifiée, la SARL
à 1 euro en début
d’activité ou la SARL à associé unique, ils ont finalement
répondu à un besoin
fiscal, à un besoin social, à un objectif de « rassurer
» et moins à une raison
économique ou d’activité.
Ils ont également tenté de répondre par la personne morale
à la question de la
responsabilité de l’entrepreneur et de la mise en risque de son
patrimoine
personnel.