Projet de statut
juridique d'Auto-entrepreneur
Cadre social 1/3
Le régime social des auto-entrepreneurs est l’un des
plus complexe à appréhender
A la différence des salariés qui acquittent leurs
cotisations sociales en temps réel mois par mois, les travailleurs
non salariés acquittent leurs cotisations sociales sur la
base du revenu professionnel réel de l’année
considérée, c’est-à-dire en deux temps
: une première fois sur la base du dernier revenu connu (revenu
de l’avant-dernière année d’activité),
une seconde fois sur la base du revenu réel de l’année
considérée (ce 2ème calcul étant effectué
au cours du 4ème trimestre de l’année suivante)
Cette complexité se renforce pour le nouvel entrepreneur
ou créateur d’activité
Pendant les deux premières années d’activité,
il s’acquitte de ses cotisations sur une base forfaitaire
fictive ou sur un revenu estimé et fourni par lui-même,
qui donnera effectivement lieu à un recalcul sur la base
du revenu professionnel réel en 2ème année
pour ce qui concerne la 1ère année d’activité
et en 3ème année pour ce qui concerne la 2ème
année d’activité
Ce mode de calcul et de libération a un quadruple effet
négatif : 26 En premier lieu sitôt son revenu fiscal
connu, l’assuré en plus de ses cotisations provisionnelles
reçoit au terme de sa seconde année d’activité
une régularisation qui correspond parfois à la disparition
de l’entreprise, faute pour l’entrepreneur d’avoir
la capacité financière à s’en acquitter
; une sorte d’effet pudiquement qualifié « d’effet
ressaut » et qu’il conviendrait mieux de qualifier «
d’effet guillotine » pour certains
Second effet négatif, lorsque l’entrepreneur cesse
son activité il acquitte sa dernière cotisation sociale
dans le même délai que celui qui a correspondu à
sa régularisation c'est-à-dire près de 23 mois,
délai qui devrait être cependant ramené à
6 mois dans le cadre de la mise en oeuvre du RSI à compter
du 1er janvier 2008
Troisième effet négatif plus économique encore,
puisque face à la complexité du mode de calcul de
ses cotisations, l’entrepreneur a du mal à les évaluer
et a donc du mal à les inclure dans ses prix de vente
Quatrième effet, faute de pouvoir anticiper ses cotisations,
faute de pouvoir les inclure dans ses prix de vente, faute de connaître
d’une année sur l’autre l’économie
de son activité, l’auto-entrepreneur subit des variations
de trésorerie parfois fatales dans le cadre des régularisations
qui lui sont demandées
Toutes ces difficultés nous invitent à poursuivre,
à partir de deux propositions, un effort engagé dans
le cadre du RSI, Régime Social des Indépendants et
des dispositions nouvelles applicables à compter du 1er janvier
2008 :
- Simplifier le mode de calcul et de recouvrement de l’ensemble
des cotisations sociales en les déterminant à partir
d’un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé
par l’auto-entrepreneur ou à partir de la valeur
ajoutée de l’activité
- Alléger le cas du cumul entre activité salariée
et non salariée et ses conséquences en matière
de cotisations sociales
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